L’objectif d’investissement minimal de 1 milliard de dollars de la BIC dans les infrastructures autochtones était ambitieux. Il a pourtant été rapidement dépassé.
En l’espace de quelques années seulement, l’organisation a dépassé son objectif initial, en finançant des projets menés par des Autochtones ou en partenariat avec eux à travers le pays, et en révélant une demande bien supérieure aux prévisions initiales. Le directeur parlementaire du budget fédéral prévoyait que les investissements autochtones dépasseraient les 3 milliards de dollars bien avant la fin de la décennie.
Cette trajectoire est désormais confirmée.
Quand le plafond est devenu le plancher
L’objectif initial d’un milliard de dollars était conçu comme un point de départ : un test visant à déterminer si la société d’État fédérale pouvait contribuer à combler l’un des déséquilibres les plus persistants du financement des infrastructures canadiennes; l’accès des communautés autochtones à des capitaux abordables à long terme.
Il n’a pas fallu longtemps pour que le modèle fasse ses preuves.
« Depuis longtemps, les communautés demandent, ou plutôt exigent de participer économiquement aux infrastructures implantées sur leurs territoires traditionnels », a déclaré Ehren Cory, PDG, BIC, après que la banque eut franchi la barre du milliard de dollars. « Cela ne devrait donc pas surprendre. »
Ce qui a suivi n’était pas une poussée ponctuelle, mais un flux constant de participations autochtones dans des projets liés à l’énergie, au transport d’électricité et à l’échelle communautaire, suffisamment important pour rendre l’objectif initial pratiquement obsolète.
Demande, et non politique, motivant ce changement
Les arguments en faveur d’une augmentation de l’objectif reposent sur deux réalités qui se chevauchent : la demande et la conception.
Du côté de la demande, les communautés autochtones cherchent de plus en plus à acquérir des participations, et pas seulement des actifs d’infrastructures. À mesure que d’importants projets dans les domaines de l’énergie, du transport d’électricité et de la facilitation des échanges commerciaux avancent à travers le Canada, les communautés situées le long des corridors de ces projets ont insisté pour obtenir une participation en capital afin de soutenir une réconciliation économique à long terme.
« Le besoin criant d’infrastructures dans les communautés autochtones est bien connu. C’est une réalité », a déclaré M. Cory.
Du côté de la conception, la BIC a constaté que les marchés financiers traditionnels ne répondaient pas à cette demande. Les prêteurs commerciaux sont souvent réticents à financer des participations autochtones, même lorsque les projets sous-jacents sont viables, ce qui empêche les communautés d’accéder à des occasions de participation.
« Nous constatons des écarts au sein des communautés autochtones et dans leur accès au capital », a déclaré Hillary Thatcher, première vice-présidente, Infrastructures autochtones et nordiques. « En général, elles n’ont tout simplement pas les moyens de verser cet apport initial. »
Développer ce qui fonctionne déjà
L’objectif de 3 milliards de dollars de la BIC renforce les outils déjà en place, notamment l’initiative pour la participation autochtone (IPA), lancée en 2023.
Dans le cadre de l’IPA, la BIC offre des prêts à long terme et à faible coût, couvrant généralement jusqu’à 90 % d’une prise de participation autochtone, pour des projets dans lesquels elle investit déjà. L’objectif n’est pas une participation à court terme, mais une participation durable.
Les fruits de ces investissements peuvent ensuite être réinvestis localement, contribuant ainsi à combler des manques en matière d’infrastructures et des écarts économiques de longue date.
« Le succès de ces projets aura un impact durable », a déclaré le chef George Arcand Jr., Première Nation d’Alexander, qui s’est associé à un projet soutenu par la BIC en Alberta. « En offrant l’accès aux mêmes ressources et occasions que le reste de l’Alberta, il est possible d’ouvrir la voie à un avenir meilleur. »
La participation, un facteur pris en compte
Pendant des années, l’obstacle à la participation des Autochtones a été présenté comme une question de préparation. L’expérience de la BIC a montré que la véritable contrainte était le capital. La BIC officialise une réalité qui se dessine déjà sur le terrain : de nombreux projets d’infrastructures dépendent de plus en plus de la participation financière des Autochtones pour aller de l’avant. La participation n’est plus un résultat de la réconciliation, c’est un élément indispensable à la réalisation des projets.
Avec 3 milliards de dollars, le message est sans équivoque : la participation autochtone est passée d’un objectif à une exigence.


